Retour sur l’atelier du 13/06/08 : La schizophrénie ?

Posté par Atelier Clinique le 17 juin 2008

Retour sur l’atelier du 13/06/08 

À propos de la schizophrénie

Ce vendredi 13, il a été question d’interroger le diagnostic différentiel de schizophrénie à partir d’un récit d’expérience de stage en milieu psychiatrique fermé.

La vignette clinique dressait le portrait d’un patient délirant et potentiellement violent pour lequel certains repérages cliniques ont pu s’avérer précieux.

Il s’agissait en effet de repérer chez ce patient d’importants troubles du langage se manifestant comme autant de barrages à la métaphore puisque certains devaient être pris dans le registre du « pied à la lettre », c’est-à-dire du fait que le patient prenait les mots pour les choses.

Il était également possible de retrouver d’autres phénomènes typiques plus particulièrement décrits par Lacan dans sa « Question préliminaire… », à savoir les suspensions de la chaîne signifiante dont il note que « la phrase s’interrompt au point où se termine le groupe des mots qu’on pourrait appeler termes-index, soit ceux que leur fonction dans le signifiant désigne, (…), comme shifters, soit précisément les termes qui, dans le code, indiquent la position du sujet à partir du message lui-même ».

D’autres phénomènes tels que les associations types « coq à l’âne » basées sur les ressemblances homophoniques des signifiants aussi bien que l’impossibilité de trouver des points d’arrêts fonctionnant comme autant de capitons dans la chaîne signifiante indiquaient le déchaînement du sens pour ce patient.

Le récit de cas a toutefois aussi bien pu mettre en évidence un point de contention de la jouissance pour ce patient situé autour de la dimension de l’écriture.

En effet, le patient décrit comme « grand lecteur », semblait être en proie à une activité de lecture de type quasi maniaque à laquelle était associée un léger apaisement. Aussi bien a-t-il été fait état du fait que la psychologue stagiaire, se présentant avec du matériel de prise de notes, a pu expérimenter au pied de la lettre cette position transférentielle consistant en une position de « secrétaire de l’aliéné ».

Il a donc été rappelé que le transfert dans la psychose n’avait pas la même structure que celui dont fait état le sujet névrosé.

Dans la névrose, l’analyste incarne pour l’analysant la place du « Sujet Supposé Savoir ». L’analysant, interroge le savoir inconscient et suppose à l’analyste un savoir qu’il lui suffirait d’obtenir pour parvenir au traitement de son symptôme.

Dans la psychose, au contraire, malgré certaines interrogations du coté du sujet, celui-ci ne fait pas hypothèse de l’inconscient ; il ne suppose pas de savoir à l’analyste mais tente plutôt de le constituer comme lieu d’adresse, comme dépositaire d’un savoir dont le sujet lui-même serait en excès. De ce point de vue, la position de « secrétaire » permet aussi bien de ne pas incarner cette position de savoir qui pourrait s’avérer persécutrice pour le patient que de constituer un lieu d’adresse qui permette d’aménager à travers des conversations le rapport du sujet à l’Autre.

A travers ces quelques repérages, la question du diagnostic de schizophrénie a donc pu être abordée sous l’angle d’une clinique du détail, celle des troubles du langage.  

Bien que toujours d’actualité, la notion de « psychose ordinaire » doit nous permettre de garder à l’esprit que le repérage des troubles du langage n’est pas suffisant pour rendre compte de la clinique des psychoses.

La question du délire a quant à elle permis de soulever la différence entre la paranoïa et la schizophrénie puisque la première est basée sur la persécution, c’est-à-dire sur une thématique bien systématisée et localisée, tandis que la seconde se perd souvent dans des thématiques aussi diverses que confuses et déchaînées. Il s’agit là d’apporter une précaution supplémentaire en indiquant qu’il n’y pas plus de « paranoïa pure » que de « schizophrénie pure » ; ceci pour indiquer qu’il n’y a que des sujets aux prises avec une jouissance dont ils tentent de se défendre par les moyens à leur disposition. La schizophrénie comporte donc toujours une petite teinte paranoïde et inversement.

Il a également été fait mention du rapport au corps comme point de diagnostic différentiel entre ces deux grands pôles de la psychose.

La formule de Lacan au sujet du schizophrène « hors discours » n’a pas pu être abordée et mériterait d’être reprise dans le cadre plus approfondi de la dimension du délire et du lien social.

Peut-être cela sera-t-il un point de démarrage pour nos ateliers de l’an prochain ?

Bibliographie :

Jacques Lacan : Question préliminaire à tout traitement possible de la psychose. In Ecrits.

Jean-Claude Maleval : La Forclusion du Nom-du-Père.

Pour l’atelier clinique

Stéphane Lagana

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