Atelier du 23/05/2008: Stabilisation dans la psychose

Posté par Atelier Clinique le 24 mai 2008

Aujourd’hui, vendredi 23 mai 2008

Plusieurs points cruciaux ont été abordés, lesquels méritent un éclairage plus développé.

Une vignette clinique illustrait le cas d’une petite fille, rencontrée en PMI avec sa mère, qui refusait de parler la langue maternelle, originaire d’Ethiopie. Cette mère avait clairement formulé à son partenaire de l’époque qu’elle souhaitait un enfant pour combler sa « solitude ». C’est donc dans cette optique de venir combler le manque de sa mère, que cet enfant a été conçu.

Nous avons du coup entendu le refus de la petite fille de parler la langue maternelle comme une possible protestation ou manifestation du sujet de se faire l’objet de la mère.

La mère ne fait d’ailleurs aucune place dans son discours à la fonction paternelle, à un tiers autre que son enfant qui pourrait causer son désir.

Nous avons rappelé le fait qu’un enfant pouvait être investi ou attendu par l’Autre parental comme soit comme objet a, soit comme phallus.

La réponse de l’enfant à cet accueil de l’Autre, peut s’effectuer selon différentes modalités qui correspondent aux diverses structures : névrose, psychose, perversion.

Nous mettons dans notre rubrique Texte, les Deux notes à Jenny Aubry de Jacques Lacan (disponible sur ce lien : http://www.ecole-lacanienne.net/documents/1969-10-00.doc). Cette note, fondamentale pour la clinique de l’enfant, souligne comment le symptôme de l’enfant peut – soit représenter la vérité du couple parental (c’est le cas de la névrose) – soit il révèle la vérité de l’objet du fantasme maternel en le ‘‘réellisant » (c’est le cas de la psychose).

Nous mettons à votre disposition un autre lien vers un texte d’Alfredo Zenoni, Quand l’enfant réalise l’objet (disponible sur ce lien : http://users.skynet.be/bk332158/lesite/Fichiers/Alfredo%20Zenoni%20-%20Quand%20l%27enfant%20r%E9alise%20l%27objet.doc).

Nous avons fait un petit rappel de la formule lacanienne de la métaphore paternelle :

 

Nom du Père (NP)                              DM                                   A

──────────────         ●         ───    →        NP       (─────)

Désir de la mère (DM)                         x                                Phallus

 

Cette formule nous a permis de distinguer  le phallus imaginaire (-φ) représentant le manque de la castration, du signifiant phallique (Φ) comme signification ou vecteur symbolique du désir de la mère (fonction paternelle) qui  ne laisse pas l’enfant aux prises avec l’x capricieux entrainant ravage, pétrification…

Nous avons dit quelques mots sur la question de la suppléance et de la stabilisation dans la psychose. Nous avons évoqué comment parler de sujet dans la psychose fait débat dans le champ psychanalytique, si l’on s’en tient à la définition lacanienne du sujet comme étant ce que représente un signifiant (S1) pour un autre signifiant (S2) – cf. Le discours du maître.

Avec sa jolie formule de l’« insondable décision de l’être », Lacan soulevait la part imprévisible et contingente du choix de l’être de dire oui (Bejahung) ou non (Verwerfung) à l’Autre du langage et de céder ainsi sur sa jouissance.

                          A

↑          ───    →  a

J  (barrée)

 

Même si la pente pour le psychotique est souvent celle de s’inscrire dans le transfert sous l’angle de la certitude de l’objet qu’il est pour l’Autre (aimé/persécuté), nous avons souligné la nécessité pour le clinicien de faire l’hypothèse d’un sujet. La question de la supposition de savoir dans la psychose a été posé. Dans la névrose, le sujet-supposé-savoir est le véritable moteur de la cure en tant que le savoir inconscient est celui qui dans le transfert est supposé à l’Autre. Dans la psychose, même si l’on a tendance à soutenir que le savoir est du côté du sujet et qu’il est nécessaire pour le clinicien de se barrer, de se faire enseigner…, il peut parfois arriver que le sujet aille chercher un savoir chez l’Autre : il s’agit d’un savoir sur la jouissance étrange, énigmatique ou plutôt un savoir-y-faire avec la jouissance envahissante.

Une question a été posée sur le statut du signe dans la psychose, comme étant ce qui représente quelque chose pour quelqu’un – à défaut de pouvoir représenter le sujet par un signifiant pour un autre signifiant. L’opération symbolique dans la névrose entraîne l’effacement du signe de la Chose : en termes freudien, « le mot, c’est le meurtre de la chose ». En d’autres termes c’est ce qui rend possible la représentation de l’objet même en son absence. Dans la psychose, le rapport au symbolique maintient à ciel ouvert la trace du signe de la Chose, c’est-à-dire une dimension de réel, avec cette possibilité que « le mot, c’est la chose ».  Pour sortir de l’énigme, il peut arriver que le psychotique porte une attention particulière aux signes qu’il prélève dans le monde et qu’il interprète comme autant de messages qui le concernent, lui étant adressés par l’Autre.

Dans la psychose, une voie de stabilisation serait que le sujet s’assure de l’objet qu’il est pour l’autre, position faisant particulièrement tenir l’axe imaginaire. L’identification à un signifiant imaginarisé, s’identifier à un autre sur le mode ‘‘as if » qui sert de boussole au sujet… sont autant de modalités de stabilisation. La clinique révèle en effet comment certaines décompensations psychotiques surviennent après la mise à mal, fragilisation ou disparition de repères fondamentaux pour l’organisation du monde du sujet (séparation, divorce, chômage…).

 Une étudiante questionne la différence entre la « jouissance de l’être » et la jouissance phallique ? La première renverrait à la jouissance de la Chose, jouissance mythique, pré-langagière, et la seconde, jouissance hors-corps, est liée à l’effet de l’entrée du sujet dans le langage et à la castration qui en découle.

Lors de notre prochaine séance du 30 mai, nous nous proposons d’aborder la question de la psychose maniaco-dépressive, à l’aide de cas cliniques, notamment pour en dégager la spécificité en tant que position dans la structure psychotique, en la distinguant de la dépression comme trait symptomatique trans-structural.

À la semaine prochaine pour une prochaine séance d’Atelier Clinique.

Pour l’Atelier Clinique

Par Salvatore Maugeri

 

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