Atelier du 16/05/2008 : À propos du père

Posté par Atelier Clinique le 22 mai 2008

Aujourd’hui, vendredi 16 mai 2008 :

Nous avons dits quelques mots sur la clinique contemporaine. Tout d’abord, parmi les discours en vogue dans notre société, le discours capitaliste entraîne l’illusion chez les sujets de pouvoir combler leur manque-à-être par les objets proposés sur le marché. Ce discours, qui tourne en boucle sur lui-même comme une bande de mœbius, empêche la rencontre du sujet avec ses signifiants maîtres.

Cette réflexion a permis d’aborder les deux faces du Surmoi telles que Freud les a mises en avant : comme instance de censure, de jugement donnant lieu à la culpabilité, l’(auto)critique, l’(auto)reproche… mais aussi comme impératif de jouissance.

À la question de « Qu’est-ce qu’un symptôme? » nous avons rappelé comment Freud avait distingué dans ses conférences 17 et 23 (Introduction à la Psychanalyse) les deux aspects du symptôme : comme formation de l’inconscient, sa dimension de langage (métaphorique) et comme dimension de jouissance en tant que le symptôme réalise une satisfaction. C’est l’aspect du symptôme qui échappe à la prise par le symbolique, cette part du réel qui court sous la chaine signifiante de façon métonymique et qui conditionne la répétition.

En termes de nouage borroméen, nous avons pu dire comment les médias notamment, mais aussi certaines tendances ou pratiques sociales, pouvaient favoriser un nouage particulier de l’imaginaire et du réel, d’où l’inhibition comme modalité de nouage récurrent, préférentiel chez certains sujets aujourd’hui. C’est une des difficultés de la clinique contemporaine : Comment amener un sujet à reprendre goût à la parole, à cerner les signifiants qui le déterminent… lorsque prévaut l’inhibition comme nomination de l’imaginaire qui tient à distance le symbolique et le réel ?

Sans nous étendre su la pluralisation des Noms-du-Père, nous avons signalé comment Lacan, à propos de Joyce, avait tantôt parlé de nouage par le symbolique, de sinthome par l’ego correcteur mais aussi de nouage par la jouissance.

Nous avons souligné la confusion souvent réalisée entre le père réel et le père de la réalité. Il ne s’agit pas du père de la horde qui s’octroie la jouissance de toutes les femmes, celui dont la mort l’érige comme père symbolique. Ce dernier, dans certaines sociétés, n’est pas forcément incarné, c’est un symbole, un totem.

Le père réel, ce n’est pas le père du Nom, celui qui nomme. Ce n’est pas le père de l’interdit ou de la répression. Nous avons bien évoqué la contigüité, l’affinité faite par Lacan entre le père comme fonction et la fonction même du langage en tant que castration symbolique.

La distinction avec ce qu’est la rencontre avec Un-Père dans la psychose a bien été faite.
Mais le père réel ? C’est celui qui, dans son mode de présence, dans sa père-version, a su faire d’une femme la cause de son désir. C’est aussi celui qui, orienté par un désir non anonyme et dans un intérêt particularisé pour son enfant, a su dire non à la jouissance et dire oui au désir. Nous reprendrons de façons plus détaillée ce point-là.

 

Nous vous proposons dans la page Textes, un article d’Alfredo Zenoni, D’un père à l’autre, paru dans la revue Quarto n°87, sur la pluralisation des Nom-du-Père, qui évoque également la question du père réel (en voici le lien : http://www.causefreudienne.net/publications/quarto/le-secret-des-noms-du-pere/d-un-pere-a-lautre/).

 

Stephane Lagana nous a lu un extrait d’une lettre que lui a adressé un patient, qu’il reçoit régulièrement au Centre Pénitentiaire. Dans les éléments cliniques qui nous ont été rapportés, s’est dégagée l’hypothèse d’une pente mélancolique de ce sujet, dans sa tentative de construire un Autre témoin du déchet qu’il est. Ce sujet, qui fait l’expérience lucide du malentendu et du semblant dans le lien à l’autre, remet en cause la nécessité même de parler et de ce à quoi sert le langage. À coller les signifiants ensemble, le risque pour lui est de produire un sens, qui entraine l’incompréhension de l’autre. Il est aux prises avec l’Autre de la langue, qui dans ses pensées, ne peut être capitonnée, lestée par l’objet. Reste pour lui, au décours des entretiens cliniques, à trouver un mode de parler qui pacifie la jouissance.

 

Pour l’Atelier Clinique

Par Salvatore Maugeri

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